Bourse Euronext dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris
par Coralie Lamarque
Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé mercredi, les résultats d'entreprises n'ayant pas atténué les craintes liées à l'intelligence artificielle (IA), tandis que le rapport sur l'emploi américain bien meilleur que prévu peine à soutenir Wall Street.
À Paris, le CAC 40 a terminé en repli de 0,18% à 8.313,24 points. Le Dax allemand a perdu 0,43% tandis que le Footsie britannique a progressé de 1,14%, soutenu par la hausse des valeurs minières et pétrolières.
L'indice EuroStoxx 50 a cédé 0,19%, le FTSEurofirst 300 a progressé de 0,16% et le Stoxx 600 s'est adjugé 0,1%.
La séance du jour en Europe a été marquée par une série de résultats d'entreprises.
Lanterne rouge du CAC 40, Dassault Systèmes a plongé de 20,81%, les perspectives du groupe pour 2026 étant ressorties largement sous les attentes. Dans un secteur des logiciels déjà sous pression avec les craintes sur l'IA, la sanction a été immédiate.
Outre-Atlantique, les créations d'emplois aux Etats-Unis ont accéléré beaucoup plus que prévu en janvier et le taux de chômage a reculé, signalant une stabilisation du marché du travail qui pourrait donner plus de marges de manoeuvre à la Réserve fédérale (Fed) pour maintenir inchangés ses taux d'intérêt pour un certain temps.
Wall Street a d'abord ouvert en nette hausse après la publication des données, survenue une heure avant l'ouverture, mais la tendance s'est depuis affaiblie.
Selon l'outil FedWatch du CME, les marchés tablent désormais sur une probabilité de 94% que la Fed maintienne ses taux inchangés lors de sa prochaine réunion, contre 80% la veille.
VALEURS EN EUROPE
Les investisseurs continuent d'évaluer les implications de l'essor de l'IA pour les modèles d'affaires de divers secteurs. Mercredi, ce sont les gestionnaires d'actifs européens, en particulier britanniques, qui ont été rattrapés par les craintes en la matière.
Le compartiment des services financiers a reculé de 2,09%, les groupes britanniques St James's Place et Quilter perdant 13,39% et 5,19% respectivement. A Paris, Amundi a abandonné 2,03%.
De son côté, Siemens Energy a grimpé de 8,4% après la publication de son bénéfice au premier trimestre, qui a presque triplé.
Heineken a gagné 4,4% après avoir annoncé la suppression de jusqu'à 6.000 emplois dans le monde sur fond d'abaissement de ses prévisions pour 2026.
Le secteur européen des ressources de base et du pétrole et gaz ont gagné respectivement 3,02% et 3,78%.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones (-0,03%) et le S&P 500 (+0,04%) ont presque effacé leurs gains initiaux. Le Nasdaq (-0,27%) s'est quant à lui retourné à la baisse dans un contexte de pression continue liée à l'IA sur le segment de la technologie.
LES INDICATEURS DU JOUR
Très attendu, le rapport mensuel du département du Travail, publié avec retard en raison du récent "shutdown" aux Etats-Unis, a recensé 130.000 emplois non-agricoles créés le mois dernier, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne 70.000 créations nettes.
Mais ces fortes créations d'emplois, les plus importantes en 13 mois, surestiment probablement l'état de santé du marché du travail car les révisions montrent que l'économie américaine n'a créé que 181.000 emplois en 2025 au lieu des 584.000 estimés précédemment.
CHANGES
Soutenu par le rapport sur l'emploi, le dollar s'est retourné à la hausse face à un panier de devises de référence avant d'effacer sa progression.
Il continue de perdre du terrain face au yen (-0,9%) alors que la devise nippone se renforce depuis la large victoire de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi lors des élections législatives de dimanche.
De son côté, l'euro cède 0,09% à 1,1883 dollar.
TAUX
Les rendements américains ont fortement réagi à l'annonce des données sur l'emploi américain avant d'effacer une partie du rebond.
Le rendement des Treasuries à dix ans est quasiment stable, à 4,1526%, après avoir progressé jusqu'à cinq points de base à la publication du rapport sur l'emploi.
Celui des emprunts à deux ans , le plus sensible aux fluctuations des anticipations sur les taux d'intérêt, gagne encore quatre points de base, à 3,4954% après avoir grimpé jusqu'à plus de huit points de base.
En Europe, le rendement du Bund allemand a reculé d'un point de base, à 1,796%.
PÉTROLE
Les prix du pétrole gagnent près de 2%, soutenus par les risques potentiels liés à l'approvisionnement en cas d'escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran, tandis que la hausse des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis laisse entrevoir une demande plus forte.
"Les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent de soutenir les prix, même si, jusqu'à présent, il n'y a pas eu de perturbation de l'approvisionnement", souligne Giovanni Staunovo, analyste pétrolier chez UBS.
Le Brent gagne 1,83% à 70,06 dollars le baril et le brut léger américain (WTI) progresse de 1,95% à 65,21 dollars.
A SUIVRE JEUDI :
(Rédigé par Coralie Lamarque ; édité par Blandine Hénault)

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